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A quelques mois des élections de mi-mandat : Ceuta, nouvel argument de campagne de Donald Trump

Par Amel Blidi6 min de lecture
A quelques mois des élections de mi-mandat : Ceuta, nouvel argument de campagne de Donald Trump
Résumé IA

À trois mois des élections de mi-mandat américaines, Donald Trump instrumentalise la crise migratoire de Ceuta pour avertir que l'Espagne préfigure l'avenir des États-Unis sous un pouvoir démocrate.

Le président, ses conseillers Stephen Miller et Steven Cheung, le vice-président J. D. Vance et le département d'État présentent les images de l'enclave espagnole comme la preuve de l'échec des politiques migratoires de gauche.

L'immigration reste l'atout politique majeur de Trump, les interpellations à la frontière mexicaine ayant chuté drastiquement depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025.

En Europe, Giorgia Meloni, Andrej Babiš, Marine Le Pen, Alice Weidel et Nigel Farage reprennent le même récit pour justifier un durcissement des contrôles aux frontières.

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A trois mois des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump a trouvé une nouvelle illustration de son principal argument politique.

Les images de la crise migratoire qui secoue l’enclave espagnole de Ceuta ont été présentées comme le symbole de ce qui attendrait les Etats-Unis en cas de victoire des démocrates. «Souvenez-vous de cette image. Ce sera nous dans trois ans si le mauvais camp l’emporte», a lancé le président américain sur Fox News, avant de reprendre le même message devant son cabinet, qualifiant la situation d’«invasion». «Si nous ne sommes pas au pouvoir, notre pays sera envahi à des niveaux qui feront passer ce qui arrive en Espagne pour de la petite bière», a déclaré le président américain dans une déclaration à partir de son bureau.

Le fait est que la cote du chef de l’Etat américain est en baisse dans les sondages. La lutte contre l’immigration demeure l’un de ses principaux atouts auprès de son électorat, et les enquêtes d’opinion montrent un recul du Parti républicain sur les questions économiques et de politique étrangère. Aussi, à Washington, les images de Ceuta sont devenues un outil de communication politique.

Stephen Miller, l’architecte de la politique migratoire de Donald Trump, a été parmi les premiers à établir le parallèle avec les Etats-Unis. Sur X, il a affirmé que «les démocrates ont infligé cela à l’Amérique chaque jour pendant quatre ans sous Biden et le referont tout de suite, mais à une échelle infiniment plus grande s’ils obtiennent la moindre parcelle de pouvoir national», avait écrit sur X Stephen Miller, proche conseiller du président américain. «Votre maison sera détruite et pillée par des envahisseurs, et les démocrates s’en réjouiront», a t il ajouté.

Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, a lui aussi utilisé les images de Ceuta pour vanter la politique menée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir : «Voici ce qui se passait sous Biden. Heureusement que le président Trump a été élu pour que rien de tout cela ne puisse jamais se produire sous son autorité.»

«Ces images en provenance d’Espagne sont un rappel malheureux des conséquences des migrations de masse et des politiques mondialistes de la gauche radicale qui ont permis l’invasion de l’Occident», a écrit sur X le vice-président américain, J. D. Vance, porte-voix et idéologue de America first (l’Amérique d’abord). Même le département d’Etat américain est sorti de sa réserve. Dans un message publié sur X, il a estimé que «cet incident inacceptable est la conséquence directe des efforts délibérés du gouvernement espagnol visant à permettre et à faciliter l’immigration clandestine massive vers l’Europe».

L’immigration demeure l’un des sujets sur lesquels Donald Trump bénéficie de son meilleur crédit politique.

Sa victoire en 2024 s’était largement construite sur le rejet de la politique migratoire de l’administration Biden. Pendant quatre ans, les chaînes conservatrices américaines, au premier rang desquelles Fox News, avaient diffusé quotidiennement des images de traversées de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.

A certaines périodes, les autorités américaines procédaient à près de 300 000 interpellations par mois. Ces chiffres avaient commencé à diminuer à la fin du mandat démocrate avant de chuter fortement après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche au début de l’année 2025.

Le président américain présente régulièrement cela comme la preuve de l’efficacité de sa politique de contrôle des frontières, malgré les nombreuses critiques suscitées par les méthodes employées par la Police fédérale de l’immigration et des frontières, accusée de multiples abus lors des opérations d’expulsion.

Les droites occidentales exploitent la crise

L’exploitation politique de la crise de Ceuta ne se limite pas aux Etats-Unis. Partout en Europe, plusieurs dirigeants nationalistes ou d’extrême droite ont repris les mêmes arguments. En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a annoncé la suspension pendant un mois de l’application des règles de l’espace Schengen vis-à-vis de l’Espagne, affirmant que son pays «ne restera pas les bras croisés» face à des «images choquantes».

En République tchèque, le Premier ministre Andrej Babis a établi un parallèle avec la crise migratoire de 2015, accusant le gouvernement espagnol de reproduire la politique menée à l’époque par Angela Merkel. En France, Marine Le Pen a dénoncé des «entrées massives et coordonnées» qui seraient, selon elle, «encouragées par le gouvernement espagnol». En Allemagne, Alice Weidel s’est inquiétée de possibles répercussions sur les frontières allemandes et a demandé leur renforcement. Au Royaume-Uni enfin, Nigel Farage a publiquement soutenu la décision italienne de renforcer les contrôles.

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