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L’offensive militaire israélienne suscite colère et inquiétude : L’envoyé spécial du «Conseil de la paix» déplore les frappes meurtrières contre Ghaza

Par Salima Tlemçani12 min de lecture
L’offensive militaire israélienne suscite colère et inquiétude : L’envoyé spécial du «Conseil de la paix» déplore les frappes meurtrières contre Ghaza
Résumé IA

L'envoyé du Conseil de la paix Nickolay Vladenov a condamné l'offensive israélienne sur Ghaza depuis jeudi, qui a tué au moins 36 Palestiniens dont des enfants et détruit des fournitures médicales vitales.

Donald Trump a annoncé un accord entre son Conseil de la paix et le Hamas sur la démilitarisation et le retrait israélien, mais Israël rejette secrètement ses termes et poursuit ses frappes.

Les médiateurs et des responsables américains accusent Netanyahu de saboter la feuille de route, tandis que le Conseil de la paix tente de rétablir le calme face à l'escalade.

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L’envoyé spécial du «Conseil de la paix» à Ghaza, Nickolay Vladenov, a déploré l’offensive militaire israélienne contre Ghaza, menée depuis jeudi dernier, qui, a-t-il souligné, «a tué des civils et détruit des fournitures médicales dont la population dépend».

Cette montée en puissance des frappes contre de nombreuses régions de l’enclave a coïncidé avec l’annonce, vendredi dernier, par le président américain, Donald Trump, de la signature d’un accord entre son «Conseil de la paix» pour Ghaza et le Hamas, portant sur la démilitarisation du mouvement de résistance palestinien et le retrait israélien de l’enclave, qu’Israël semble rejeter, sans exprimer sa position publiquement. Les frappes israéliennes ont non seulement augmenté en intensité mais ont aussi été élargies à de nombreuses villes du centre, du nord et du sud de Ghaza, tuant 17 Palestiniens dans la nuit de samedi dernier et au moins 19 autres durant la journée de dimanche, dont de nombreux enfants, et blessant des dizaines de personnes.

Dans un message publié sur son compte X (anciennement Tweeter), Vladenov a déclaré que les frappes ont été menées «après d’intenses efforts déployés par le Conseil de la paix et les médiateurs (Egypte, Turquie, Qatar et Etats-Unis) pour amener les factions palestiniennes à Ghaza à accepter une feuille de route sur la mise en œuvre intégrale du plan du président Trump, à remettre le pouvoir civil et à désarmer leur pays». Il a précisé en outre que son équipe «travaillait sans relâche avec les parties, les médiateurs et les partenaires régionaux pour désamorcer les tensions et créer les conditions nécessaires à la pleine mise en œuvre du plan du Président. Instaurer une paix durable est difficile, mais possible si chacun fait de son mieux».

Le ton de ce message illustre parfaitement la déception de cet ancien diplomate, alors qu’il s’attendait probablement à ce que sa feuille de route, une fois acceptée par le Hamas, entrerait en exécution, oubliant qu’Israël n’a, depuis l’accord de cessez-le-feu d’octobre dernier, pas respecté les engagements auxquels il a souscrit, en poursuivant la guerre, en maintenant le blocus et en procédant à l’extension de l’occupation militaire de l’enclave à près de 70% de son territoire. De nombreux médias hébreux ont repris les propos du ministre israélien de l’Energie, Cohen, sur les ondes de la radio militaire, selon lesquels, Israël s’oppose aux termes de la feuille de route et n’est pas disposé à coopérer avec le dispositif, alors que jeudi dernier, le Conseil de la paix a été destinataire des trois réserves émises par Tel-Aviv.

La feuille de route, faut-il le rappeler, porte sur le transfert progressif des armes du Hamas aux technocrates palestiniens, auxquels sera confiée l’administration de Ghaza, pour les stocker à Ghaza, après le repli des forces israéliennes vers les zone où elles étaient stationnées avant l’attaque du 7 octobre 2023.

«Nous essayons de ramener le calme… c’est une première étape cruciale»

Dans ses déclarations, le président Trump avait affirmé qu’Israël était «heureux» de cet accord et, d’après lui, l’a entériné «avec satisfaction». Toutefois, des médias israéliens ont révélé que leur gouvernement avait alerté l’administration Trump sur «les sérieuses inquiétudes sécuritaires» que suscite l’accord, qualifié par Donald Trump d’«historique». Selon le ministre israélien de l’Energie, Israël était tenu informé «de manière approfondie» et au fur et à mesure de la conclusion de l’accord. «Si l’on compare le déroulement des négociations, du début à la fin, on constate que très peu de choses ont changé. Nous sommes restés fidèles aux principes initiaux. Il s’agit de la mise en œuvre du Plan de paix global présenté l’an dernier par le président Trump et approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies. Israël a donné son accord sur les deux points et a été tenu pleinement informé du calendrier», a souligné le responsable. Cela prouve que les négociations des termes de la feuille de route ont eu lieu en concertation avec Israël.

Dans une déclaration à l’agence de presse américaine AP (Associated Press), le porte-parole du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu (recherché par la Cour pénale internationale – CPI – qui le poursuit pour des crimes de guerre et contre l’humanité), Doron Spielman a expliqué que «selon les services de renseignement israéliens, le Hamas restait déterminé à reconstruire son armée plutôt qu’à se démilitariser véritablement», soulignant que les forces israéliennes, qui contrôlent plus de 60% de l’enclave, «ne se retireraient pas de Ghaza avant le désarmement» du Hamas. Le responsable a ajouté : «Nous estimons que si nous nous redéployons avant que le Hamas ne soit véritablement désarmé, il étendra rapidement sa présence dans toute la bande de Ghaza, reconstruira son infrastructure terroriste, menacera à nouveau les communautés israéliennes et cherchera à perpétrer une autre attaque» comme celle du 7 octobre 2023.

Selon lui, «désarmer signifie rendre physiquement les armes. Rien de moins».
Jeudi dernier, le bureau du Premier ministre a fait savoir, dans un communiqué, qu’il «exige le désarmement complet du Hamas, y compris le retrait des armes de Ghaza et la démilitarisation totale de la bande de Ghaza, comme condition préalable à tout processus de retrait», avant d’ajouter que la feuille de route négociée par le Conseil de la paix n’apporte pas une «réponse suffisante à ces exigences».

Un «responsable» du Conseil de la paix, qui s’est confié au média hébreu Times Of Israel, a affirmé que «la situation est tendue», évoquant les frappes aériennes meurtrières contre Ghaza et le refus de tout retrait israélien de l’enclave, exprimé indirectement à travers des informations fuitées. «Il y a eu beaucoup de rhétorique et de déclarations, et maintenant, ces dernières heures, pas mal d’actions. Nous essayons de surmonter cet obstacle et de ramener le calme, car je pense que c’est une première étape cruciale», a déclaré ce «responsable» au même média. C’est la première fois que le Conseil de la paix apparaît irrité à l’égard d’Israël, comme l’a été Mohammed Dahlan, le politique palestinien en exil, qui a aidé l’administration dans les négociations entre le Hamas et le Conseil de la paix. Dans ses déclarations sur les réseaux sociaux et aux médias, il a affirmé que les médiateurs avaient anticipé sur le fait que Netanyahu allait saper la feuille de route pour le désarmement du Hamas. «Nous savions depuis hier (samedi dernier) que Netanyahu ferait tout son possible pour anéantir l’opportunité que le président Donald Trump avait créée en collaboration avec l’Egypte, le Qatar et la Turquie», a-t-il écrit sur son compte X.

«Pendant des semaines, nous avons mis en garde contre les méthodes auxquelles Netanyahu pourrait recourir»

«Nous avons œuvré pendant des semaines. Aujourd’hui, le monde entier constate la gravité du massacre qu’il a perpétré pour bloquer la voie vers la meilleure opportunité de mettre fin à la guerre et instaurer la sécurité pour notre peuple à Ghaza et pour toutes les parties. Nous promettons à notre peuple que nous travaillerons jour et nuit pour mettre fin à l’agression et sauver notre peuple des crimes de Netanyahu et de son gouvernement», a souligné Dahlan. Des journaux israéliens ont également repris un «responsable américain», sans l’identifier, qui s’insurgeait contre le gouvernement de Netanyahu. «Voilà le fruit de huit mois de négociations visant à démilitariser Ghaza. Pourquoi poursuivre les assassinats et donner au Hamas un prétexte pour se retirer ? Cela isole davantage Israël au Moyen-Orient, car tous les pays médiateurs y voient la preuve que Netanyahu ne tient pas parole et ne souhaite pas la paix», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «Il a tué trois enfants innocents, ce qui donne l’image d’Israël comme un pays de sauvages assoiffés de sang.»

Les délégations du Conseil de la paix, du Hamas et des pays médiateurs devront reprendre les négociations autour du calendrier de la remise des armes du Hamas au Comité de technocrates palestiniens chargé de l’administration de Ghaza, une fois sur place dans l’enclave. Mais, cela va être très difficile du fait que les frappes meurtrières menées par Israël ces derniers ont fait réagir le Hamas. Hier, la chaîne qatarie Al Jazeera a cité «une source importante» au sein du mouvement de la résistance palestinienne affirmant que ce dernier avait «demandé aux médiateurs d’intervenir directement pour contraindre l’occupation à mettre en œuvre un cessez-le-feu complet». L’interlocuteur de la chaîne a précisé que le Hamas «a confirmé aux médiateurs que la poursuite de l’agression entrave la mise en œuvre de l’accord et la négociation du calendrier», et indiqué que le mouvement «a contacté les médiateurs et a demandé une position claire sur la récente escalade de l’occupation à Ghaza».

Les dirigeants du Hamas avaient déjà exprimé leur position, la semaine écoulée, qui consiste à ne remettre l’arsenal de la résistance qu’au Comité de l’administration de Ghaza, une fois installé à Ghaza et une fois que les troupes israéliennes auraient quitté les zones qu’elles occupent. Des zones d’où près de deux millions d’habitants ont été poussés, par les bombardements, la famine et les maladies, vers la côte, où ils survivent entassés sur moins de 30% de l’enclave, dans des conditions humanitaires terrifiantes. Pour l’instant, rien n’indique que le gouvernement de Netanyahu mettra fin à sa guerre génocidaire à Ghaza. La nouvelle feuille de route est à contre-courant de la politique d’expulsion, pour ne pas dire d’effacement, des Ghazaouis. Les médias israéliens ont repris le contenu d’un document obtenu par le site hébreu «Kan News», qui porte sur un nouvel engagement du Conseil de la paix sur l’avenir de Ghaza. Selon le document, le Conseil «s’engage à rechercher des pays prêts à accueillir des étudiants et des patients palestiniens de Ghaza». Le concept de «migration volontaire», pour ne pas dire déportation, des Ghazaouis, souvent défendu par des membres de la coalition gouvernementale de Netanyahu, ne semble pas avoir fait partie du contenu de la feuille de route négociée avec le Hamas.

Le document, ont précisé les mêmes sources, demande notamment à Israël d’élaborer «un programme de départ pour les étudiants ghazaouis, ainsi qu’un plan d’évacuation médicale permettant le transfert de patients vers des pays étrangers. L’engagement du Conseil de la paix consisterait ensuite à identifier les Etats disposés à les accueillir». Pour les mêmes sources, «la proposition s’inscrit dans le cadre des négociations en cours sur l’après-guerre à Ghaza». Des négociations malheureusement parasitées par le gouvernement de Netanyahu, dont le souci n’est pas de préserver la vie de près de deux millions de Ghazaouis. Salima Tlemçani

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