Actualités

Commerce mondial des marchandises : Résilience face au choc du Moyen-Orient

Par Mahmoud Mamart6 min de lecture
Commerce mondial des marchandises : Résilience face au choc du Moyen-Orient
Résumé IA

Le commerce mondial de marchandises a progressé de 1,9% au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, dépassant les prévisions de l'OMC grâce à l'essor des échanges de composants liés à l'intelligence artificielle.

L'Asie a tiré cette croissance, ses exportations bondissant de 12,9% sur un an, portées par la Chine, la Corée du Sud et Hong Kong, tandis que le commerce des équipements de télécommunications a grimpé de 44%.

À l'inverse, les exportations et importations du Moyen-Orient ont chuté de 9,7% et 11,9% sur un an, les importations mondiales de pétrole brut depuis la région plongeant d'environ 45% en mars.

L'Afrique a enregistré la deuxième plus forte hausse de ses exportations (+14% sur un an), soutenue par les métaux précieux et les engrais, malgré la volatilité des prix des hydrocarbures liée aux tensions autour du détroit d'Ormuz.

E

Publié par

El Watan

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

La croissance du commerce mondial de marchandises a dépassé les attentes au premier trimestre 2026, grâce à l’augmentation du commerce de composants électroniques liés à l’intelligence artificielle (IA), qui a compensé l’impact négatif du conflit au Moyen-Orient, commencé lors du dernier mois du trimestre.

Le constat est de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui, à travers une publication sur son site officiel, estime que les perturbations commerciales dans le détroit d’Ormuz devraient se refléter pleinement dans les données commerciales du trimestre suivant. S’appuyant sur les données de l’OMC et de la Cnuced, l’Organisation indique que, malgré la fermeture du détroit d’Ormuz depuis début mars, le commerce mondial de marchandises a mieux résisté que prévu au premier trimestre 2026.

Le volume du commerce mondial de marchandises a progressé de 1,9% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent, et de 3,2% sur un an. En valeur, la hausse atteint 2% en glissement trimestriel, et 11% en glissement annuel. Ce rythme dépasse la prévision de référence de l’OMC, indique la publication, qui tablait sur une croissance annuelle de 1,9% pour 2026 dans son rapport de mars, avant l’aggravation du conflit. Un scénario de prix élevés de l’énergie pourrait amputer la croissance de 0,5 point, tandis que les investissements liés à l’IA pourraient au contraire l’augmenter d’autant, relève-t-on. Et de rappeler que le détroit d’Ormuz, fermé depuis début mars, a immédiatement frappé les échanges du Golfe, mais les statistiques du premier trimestre n’en captent qu’une fraction, la majorité des données de mars reflétant des cargaisons parties avant le déclenchement de la guerre.

Les exportations et importations du Moyen-Orient ont néanmoins chuté de 9,7% et 11,9% sur un an. Les importations mondiales de pétrole brut en provenance de la région ont plongé d’environ 45% sur un an en mars, celles de gaz naturel liquéfié de 52% et celles d’engrais de 26%. Les effets les plus lourds sont désormais attendus pour les statistiques d’avril et des mois suivants, précise-t-on.

A l’inverse, l’Asie a tiré la croissance mondiale grâce à la circulation intrarégionale de biens liés à l’IA. Ses exportations et importations ont bondi de 12,9% et 14,6% sur un an, portées par la Chine mais aussi Singapour, la Corée du Sud, la Thaïlande et Taipei chinois. En valeur, le commerce mondial des équipements de bureau et de télécommunications a grimpé de 44% sur un an, la demande de technologies liées à l’IA expliquant l’essentiel de cette envolée. La Corée du Sud (+38,4%) et Hong Kong, Chine (+38,3%) affichent les plus fortes hausses d’exportations parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux, devant les Etats-Unis (+15,2%) et la Chine (+14,7%).

L’Afrique, entre hausse des prix et exposition aux hydrocarbures

Par ailleurs, et même si l’Algérie n’est pas citée dans le document de l’OMC, le continent africain a été analysé. En effet, il a enregistré la deuxième plus forte progression de ses exportations en valeur, avec une hausse de 14% sur un an, portée par les métaux précieux, l’or, le cuivre et les engrais, malgré un recul des ventes de cacao et de combustibles. Pour les économies exportatrices d’hydrocarbures comme l’Algérie, le trimestre est contrasté : les prix des combustibles restent quasi stables sur un an (+3%) mais bondissent de 16% sur un trimestre sous l’effet des tensions autour du détroit d’Ormuz, tandis que la valeur mondiale du commerce des combustibles recule de 3% sur un an.

L’OMC anticipe un rebond des exportations d’Afrique, d’Amérique du Sud et de la CEI au deuxième trimestre, les producteurs pétroliers cherchant à compenser la baisse de l’offre du Moyen-Orient.
En Amérique du Nord, les exportations progressent de 7% sur un an, mais les importations reculent de 10,7%, contrecoup des achats anticipés début 2025 avant la hausse attendue des droits de douane américains. En valeur, les importations des Etats-Unis chutent de 13,6% sur un an, seul recul parmi les cinq premiers importateurs mondiaux, quand celles du Royaume-Uni, de Hong Kong Chine, de Chine et de l’UE progressent.

En Europe, les exportations reculent de 2,6% sur un an, un effet de comparaison lié à des envois exceptionnels d’or et de produits pharmaceutiques vers l’Amérique du Nord début 2025 ; les importations européennes progressent de 0,6%.

Par ailleurs, l’Amérique du Sud et centrale enregistre également une hausse de 14% de ses exportations en valeur, portée par les oléagineux, les métaux précieux, la viande, les combustibles et le café, malgré un recul des ventes de fruits et de véhicules.

Depuis début 2023, la hausse cumulée de ses exportations atteint 22,5%, la deuxième plus forte progression après l’Asie. Seules les exportations du Moyen-Orient et de la Communauté des Etats indépendants reculent, chacune de 1% en valeur, un repli lié à la baisse des cours et des volumes de combustibles.

Enfin, pour les économistes de l’OMC, la suite de l’année dépendra de l’équilibre entre deux dynamiques opposées : l’essor continu des investissements liés à l’intelligence artificielle et l’aggravation attendue des perturbations commerciales liées à la guerre au Moyen-Orient.

Une contraction plus marquée des échanges de la région est anticipée d’ici la fin de l’année, en parallèle d’une croissance plus robuste en Asie et en Amérique du Nord. Le prochain rapport Global Trade Outlook and Statistics, prévu en octobre, actualisera ces prévisions à la lumière de l’évolution du conflit,
conclut-on.Mahmoud Mamart

Posez votre question à la rédaction

Votre question…

Prénom ou pseudo *

Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.

Votre question * 0/1000

Envoyer Annuler

Voir sur le site source