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Après une réunion avec le premier ministre israélien : Le «Conseil de la paix» revient sur la feuille de route et tempère son optimisme

Par Salima Tlemçani9 min de lecture
Après une réunion avec le premier ministre israélien : Le «Conseil de la paix» revient sur la feuille de route et tempère son optimisme
Résumé IA

Le «Conseil de la paix» de Trump a conditionné le retrait israélien de Gaza au désarmement complet du Hamas, revenant sur sa feuille de route prévoyant un processus simultané et progressif.

Ce revirement fait suite à une rencontre entre l'envoyé Nickolay Mladénov et Benyamin Netanyahu, alors qu'Israël intensifiait ses frappes tuant plus de trente Palestiniens en 48 heures.

Les pays médiateurs Qatar, Turquie et Égypte ont condamné les violations israéliennes, tandis que le Hamas a rejeté ces nouvelles conditions et appelé à faire pression sur Israël.

Netanyahu a reconnu des désaccords avec Trump sur l'accord initial, laissant le calendrier de mise en œuvre en suspens.

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Après avoir dénoncé les frappes israéliennes qui ont tué, en 48 heures, plus d’une trentaine de Palestiniens à Ghaza et blessé des dizaines d’autres, le «Conseil de la paix» de Donald Trump a revu à la baisse les conditions du retrait israélien, suite à une rencontre, tard lundi dernier, entre son envoyé spécial, Nickolay Mladénov, et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, alors que l’offensive militaire contre l’enclave se poursuivait.

Le Conseil a déclaré qu’Israël «ne devrait se retirer des territoires qu’il occupe actuellement à Ghaza qu’après le désarmement du Hamas», revenant ainsi sur la feuille de route annoncée la semaine dernière, qui prévoyait que les deux actions se dérouleraient simultanément et progressivement.

Un changement qui intervient dans un contexte d’intensification des frappes israéliennes contre Ghaza. Une escalade dénoncée par les pays médiateurs, le Qatar, la Turquie et l’Egypte, à travers une déclaration commune publiée tard dans la soirée de lundi dernier, dans laquelle ils ont fustigé «les violations israéliennes en cours dans la bande de Ghaza, en particulier le ciblage des installations de soins et des infrastructures médicales, et les victimes civiles qui en résultent, notamment des femmes et des enfants, qui constituent une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire».

Les médiateurs ont, par ailleurs, exhorté Israël à «respecter pleinement ses engagements au titre de l’accord de cessez-le-feu» et averti que toute violation «compromet les efforts visant à mettre en œuvre sa deuxième phase, en particulier suite à l’annonce par le Hamas et les factions palestiniennes de leur acceptation de la feuille de route, notamment de la disposition concernant le confinement des armes».
En plus des pays médiateurs, l’offensive militaire israélienne contre Ghaza a également été dénoncée par le haut conseiller du «Conseil de la paix», Nickolay Vladénov, juste avant sa visite en Israël.

Le changement des termes de la feuille de route annoncée jeudi dernier est apparu après les discussions entre les responsables du Conseil et Benyamin Netanyahu, lors d’une longue réunion à Tel-Aviv. Dans un communiqué publié tard dans la soirée de lundi dernier et posté sur son compte X, le «Conseil de la paix», auquel la supervision de l’enclave après la guerre a été confiée, a écrit : «Contrairement aux informations erronées qui circulent, nous précisons que le retrait des forces israéliennes au-delà de la Ligne jaune n’interviendra qu’une fois le désarmement achevé, conformément aux engagements pris par le Hamas auprès des médiateurs», précisant en outre que «ceci concerne aussi bien les armes légères que les armes lourdes, ainsi que les tunnels». Il a également confirmé la tenue d’une réunion entre Nickolay Mladénov, son haut représentant, Aryeh Lightstone, son conseiller principal et Benyamin Netanyahu. La «Ligne jaune» est la frontière imposée par Israël dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu signé au mois d’octobre dernier, qui divise l’enclave en deux zones contrôlées respectivement par Israël et le Hamas, avant que l’armée israélienne n’étende depuis son contrôle à plus de 60% de la superficie de Ghaza et compte poursuivre cette expansion pour atteindre plus de 70% de la bande.

D’un «retrait qui va de paire avec le désarmement» à…

Selon les propos d’un responsable du Conseil, repris par des médias hébreux, Israël «devait initialement se retirer jusqu’à la Ligne jaune, conformément aux termes de démilitarisation du Hamas annoncé la semaine dernière». Dans une version antérieure de la feuille de route, le «Conseil de la paix» avait fait état d’un «retrait complet de l’armée israélienne», laissant présager certains replis israéliens au-delà de la Ligne jaune avant même l’achèvement du désarmement du Hamas. C’est ce qu’avait proposé d’ailleurs le «Conseil de la paix» lors des négociations de la semaine écoulée en Egypte entre ce dernier et les représentants du Hamas. Il y a une semaine, Mladénov avait pourtant parlé de «retrait qui va de paire avec le désarmement». Mais Israël a conditionné le retrait de ses troupes par la démilitarisation de la résistance.

Dès l’annonce de l’accord, le gouvernement de Netanyahu, enhardi par l’immunité dont il jouit, l’a rejeté, tout en exerçant une pression, à travers une offensive militaire meurtrière contre Ghaza, dans le seul but d’obtenir des changements au prix de la vie de dizaines de Palestiniens. Avant la réunion avec Mladénov, le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, et la ministre des Etablissements, Orit Strock, avaient appelé Netanyahu à suspendre la mise en œuvre de l’accord, sous prétexte que l’approbation par le cabinet de l’entrée de la Force internationale de stabilisation a été faite «sur la base d’informations erronées». Dans la lettre adressée à Netanyahu, ils ont demandé la convocation d’un nouveau cabinet et appelé le Premier ministre à exiger du «Conseil de la paix» qu’il «revoit son cadre de travail afin qu’il soit conforme aux engagements pris envers Israël».

Par ailleurs, il est important de souligner aussi que le jour de l’arrivée de Mladénov en Israël, aucune frappe israélienne n’a été menée contre Ghaza, jusqu’à tard dans la nuit, lorsque deux Palestiniens ont été tués et deux autres blessés par des tirs de drones.

Selon des informations fuitées dans des médias israéliens, lors de la réunion de lundi dernier, «Netanyahu a déclaré à Mladénov qu’Israël ne mettrait pas fin à ses raids contre Ghaza et ne se retirerait pas de la Ligne jaune en raison de la menace persistante posée par le Hamas». Les mêmes sources ont révélé aussi qu’une «liste de réserves concernant le plan de désarmement a été remise».

Le «Conseil de la paix» a fini par faire marche arrière, en écartant toute possibilité d’un processus de désarmement et de retrait progressif prévus par le plan. Ce que le Hamas a refusé catégoriquement. Il a même appelé les pays médiateurs, le «Conseil de la paix» et l’administration Trump à faire pression sur Israël pour qu’il revoit sa position. Dans sa déclaration de lundi dernier, au sujet de la réunion avec Netanyahu, qu’il a jugée «constructive», le Conseil a tempéré l’espoir de cette «percée historique» dont a parlé le président Trump. Dans un message publié sur son compte X il a écrit : «C’est le début de la phase difficile et je ne l’ai jamais prétendu. Ce que nous faisons maintenant n’a rien de spectaculaire. C’est un travail lent, fastidieux et technique.»

Il est à souligner également que le désarmement du Hamas a été un point d’achoppement majeur dans la mise en œuvre du Plan Trump de cessez-le feu à Ghaza. Si le Hamas tient à ce que ses armes soient remises au Comité de technocrates palestiniens, auquel l’administration de Ghaza est confiée, après le retrait israélien des territoires occupés, pour Israël, le retrait n’aura pas lieu sans le désarmement du Hamas. Selon la feuille de route de jeudi dernier, le Comité devait entrer à Ghaza deux semaines après le début du plan de désarmement, durant lesquelles, est-il indiqué, les parties devaient arrêter un calendrier pour chaque phase du transfert des armes. Le refus israélien de respecter les termes de la feuille de route entérinée par l’administration Trump a laissé en suspens ce calendrier, puisque les deux semaines devaient commencer immédiatement après la validation du plan par le Hamas. Hier, Netanyahu a reconnu «l’existence de désaccord avec le président Trump concernant l’accord» de jeudi dernier, sans pour autant donner de détails ou être plus explicite.

Sauf intervention de Trump, la nouvelle mouture de la feuille de route de démilitarisation et de retrait israélien sera mise en exécution. En faisant du désarmement, une condition de son retrait, Israël savait que cette position sera rejetée par le mouvement de résistance, d’autant qu’elle n’entre pas dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu de Trump, signé en octobre 2025.
Salima Tlemçani

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