57e du festival du théâtre amateur de Mostaganem : Une modalité de participation inédite instaurée

Le 57e Festival national du théâtre amateur de Mostaganem instaure exceptionnellement une participation par vidéo pour les troupes empêchées de se déplacer.
Créé en 1967 puis officialisé en 1969, le festival demeure une référence culturelle algérienne, ayant accompagné l’évolution artistique et sociale du pays.
Les éliminatoires de la zone Est se tiendront du 4 au 6 août 2026 à Bordj Bou Arréridj, avec les vidéos attendues avant le 7 août.
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L e Festival culturel national du théâtre amateur de Mostaganem est considéré comme la plus ancienne manifestation de théâtre amateur d’Afrique et du monde arabe.
Le lancement des phases éliminatoires de la zone Est sera marqué, cette année, par un dispositif d’inscription inédit. Né au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, le festival est le fruit de la vision de figures culturelles majeures, tels que Abdelhalim Mostefa (dit Si Djillali) et le célèbre dramaturge Ould Abderrahmane Kaki.
Flash back sur les grandes escales qui ont façonné ce prestigieux festival. La première édition est lancée en 1967 de manière modeste sous l’égide de la commission culturelle des Scouts musulmans algériens (SMA), rassemblant uniquement les troupes de la région ouest du pays de l’Oranie. Deux ans plus tard, face au succès populaire immédiat et à la qualité des œuvres proposées, l’événement est officialisé le 1er septembre 1969 par l’Etat algérien sous le titre de Festival national du théâtre amateur. C’est le point de départ d’une formidable aventure culturelle.
L’événement deviendra un rendez-vous incontournable. A l’orée des années 70, l’événement vit son âge d’or en s’imposant comme un espace unique de liberté d’expression et le miroir des bouleversements de l’Algérie post-indépendance.
L’adoption de la langue populaire «derja» associée à un répertoire de création collective et militante transforme le festival en un espace de réflexion critique.
Ce bouillonnement artistique et politique est alors porté par les icônes du quatrième art algérien. Parmi elles, Ould Abderrahmane Kaki, qui révolutionne la mise en scène en y intégrant la figure traditionnelle du «Meddah», mais aussi les illustres Abdelkader Alloula et Kateb Yacine. Le festival fait preuve d’une résilience remarquable durant les années 1980 et 1990. Il surmonte successivement les crises économiques complexes de l’époque et le traumatisme de la décennie noire. En dépit de l’effondrement des budgets, des lourdes contraintes logistiques et des menaces directes ciblant le monde de la culture, le festival refuse de s’éclipser, préférant plutôt assurer la continuité de ses éditions.
A partir des années 2000, le festival franchit un cap historique en se hissant au rang d’institution nationale. Placé sous la tutelle du ministère de la Culture, l’événement se structure et se professionnalise pour s’imposer comme un pôle d’excellence et de transmission. Le festival ne se contente plus d’être une simple vitrine de spectacles. Il se transforme en centre de formation continue pour la jeunesse algérienne, en organisant des ateliers académiques rigoureux, axés sur l’écriture dramatique, la mise en scène, la scénographie, le jeu d’acteur ou encore de l’expression corporelle. Le festival concrétise aujourd’hui ses ambitions grâce à des structures de premier plan, à l’image du Théâtre régional Djilali Ben Abderrahim (TRM) et de la Maison de la culture de Mostaganem.
Au-delà des infrastructures, le festival s’impose à l’international. Il développe des échanges pédagogiques et artistiques d’envergure, scellant notamment des liens solides avec le mythique festival d’Avignon. Fidèle à son esprit itinérant, l’événement continue de porter le théâtre au plus près des territoires. Grâce à des sélections régionales rigoureuses menées à Aïn Témouchent, Miliana ou encore Bordj Bou Arréridj, il offre une chance égale à chaque troupe amateur à l’échelle nationale.
Le commissariat du festival culturel national du théâtre amateur de Mostaganem, placé sous l’égide du ministère de la Culture, poursuit ses sélections régionales 2026 : les phases éliminatoires de la zone Est se dérouleront du 4 au 6 août 2026 au niveau de la Maison de la culture Mohamed Boudiaf (Bordj Bou Arréridj). Une mesure exceptionnelle de rattrapage par vidéo a été instaurée.
En effet, fin de concrétiser ses ambitions d’inclusion et de n’écarter aucune troupe n’ayant pu se déplacer lors des étapes précédentes en raison de contraintes logistiques, le commissariat met en place un dispositif de secours inédit, valable uniquement pour cette 57e édition : les compagnies peuvent soumettre un enregistrement vidéo complet de leur pièce théâtrale sur l’adresse électronique : [email protected]. Les fichiers doivent parvenir au commissariat au plus tard le 7 août. Les dates précises de la phase finale à Mostaganem seront officiellement communiquées à l’issue de ces étapes qualificatives.
Nacima Chabani
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