L’été, ce n’est plus ce que c’était

L'été, autrefois synonyme de joie et de légèreté, est devenu source d'anxiété et de « solitude estivale » à cause du réchauffement climatique, des canicules meurtrières et des incendies qui touchent le monde entier.
Au Japon et en Corée du Sud, les températures dépassent 40 °C pendant plusieurs jours, tandis qu'à Oran, malgré des maximales de 31 à 37 °C, la ville a perdu ses senteurs naturelles, remplacées par la pollution, les fast-foods et les ordures.
Si l'accès gratuit aux plages publiques constitue une avancée, le manque de transports en commun, surtout nocturnes, empêche de nombreux jeunes de profiter du littoral oranais.
Résultat : beaucoup attendent septembre avec impatience, la rentrée sociale et la baisse des températures ramenant une chaleur humaine que l'été ne procure plus.
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El Watan
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Autrefois, la saison estivale était synonyme de joie. On attendait l’été avec le cœur sur des charbons ardents. Dès le mois de février, on se pourléchait à l’idée de se mettre dans la peau d’un juilletiste ou d’un aoûtien. Synonyme de plages, de virées nocturnes, de festivals jusqu’au petit matin et de promenade le long du front de mer, l’été était une fête.
Aujourd’hui, avec, d’un côté, le réchauffement climatique et de l’autre, les incendies de forêt, l’été a perdu de sa saveur. Une dévaluation qui n’est pas propre à Algérie : partout dans le monde, en effet, que l’été n’a plus sa légèreté d’autrefois, devenant, pour le commun des Terriens, source de stress et d’anxiété. On a même trouvé une expression pour cela : «La solitude estivale». Dans les médias de la planète, on ne parle, ces jours-ci, que des incendies spectaculaires qui ravagent des dizaines de milliers d’hectares. L’été se réduit à son seul inconvénient : la canicule. Avant, on attendait la hausse des températures pour pouvoir revêtir des tenues décontractées et aller faire trempette. Aujourd’hui, lorsque survient cette hausse, on la redoute plus que tout car on sait pertinemment qu’elle peut prendre une allure caniculaire et être cause de dizaines de morts. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe actuellement au Japon et en Corée du Sud, où les températures ont dépassé les 40°C pendant plusieurs jours d’affilée.
Pour revenir à l’Algérie, si on prend l’exemple d’Oran, ville proprement méditerranéenne, les températures ne sont pas des plus chaudes qui soient : elles oscillent entre 31 et 34°C avec des pics à 35-37°C et des baisses (rares) à 29°C. Mais cela ne donne pas, hélas, la garantie d’un été passé sans problèmes. D’abord, quand on se promène au centre-ville (l’image de marque d’Oran), on ne hume plus ces senteurs estivales, celles émanant d’arbres et de plantes, à l’image des ficus ou, si c’est le soir, du galant de nuit (Mesk ellil). Ces senteurs sont aux abonnés absents, ou du moins viciées par d’autres, moins agréables, provenant de ces voitures en pagaille, de ces mets douteux de fast-food et de ces bacs à ordures placés ici et là.
Il reste bien sûr le front de mer, les espaces verts ou les plages de Aïn El Turk, mais une ville, à plus forte raison lorsqu’elle est côtière comme Oran, doit être bien plus attrayante en été, pour permettre à sa jeunesse d’en tirer profit. Il faut cependant relever que la décision des autorités locales, cette année, de tout faire afin que l’accès aux plages publiques soit gratuit est une bonne chose tant, par le passé, certains plagistes sans vergogne plaçaient leurs matos dès potron-minet aux premières
lignes des plages et imposaient aux familles, si elles voulaient avoir les meilleures places, de payer le prix fort. Mais il reste encore beaucoup à faire pour qu’un jeune d’Oran ou un visiteur passe un été oranais inoubliable.
Certes, il y a les plages de la corniche, mais il y aussi le problème des transports : l’effectif déployé devant desservir les plages reste rachitique, maigrelet, et pour le chemin du retour, surtout si c’est la nuit, il est carrément inexistant. Du fait de la canicule qui sévit durant la journée, il y a des gens qui préfèrent aller à la plage aux premières heures de la soirée, voire en nocturne, mais pour peu qu’ils ne soient pas véhiculés, ils sont obligés de faire profil bas et renoncer à l’escapade, sachant pertinemment que c’est la croix et la bannière la nuit pour trouver un taxi, particulièrement pour une course jusqu’à la corniche.
Pour résumer, ceux et celles victimes de ce qu’on appelle «la solitude estivale» font grise mine les mois de juillet et août et attendent désespérément qu’arrive septembre, où rentrée sociale et baisses des températures riment, pour eux, avec chaleur humaine. C’est triste, car c’est l’été, en principe, qui doit rimer avec gaieté, mais ça, c’était avant. Peut-être que cela le reviendra un jour ? Disons l’été prochain ?
Par Akram El Kébir
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