Saison estivale à Boumerdès : La gratuité des plages miseà mal par les concessions

Par Ramdane Kebbabi•4 min de lecture
Brifa
Saison estivale à Boumerdès : La gratuité des plages miseà mal par les concessions
Résumé IA

La concession des plages au secteur privé à Boumerdès dépasse largement la limite légale de 30 %, réduisant drastiquement les espaces gratuits pour les estivants.

À la plage Delphine, plus de 80 % du rivage est occupé par des concessionnaires ayant payé jusqu'à deux millions de dinars pour la saison, pendant que la direction du Tourisme fonctionne sans directeur depuis trois mois.

Les vacanciers dénoncent des tarifs prohibitifs même en fin de journée et réclament un contrôle rigoureux du respect des cahiers des charges, alors que seulement 43 des 73 lots proposés ont trouvé preneurs.

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La concession des plages au secteur privé suscite de vives critiques à Boumerdès. De nombreux estivants dénoncent une occupation jugée excessive du domaine balnéaire par les concessionnaires, estimant que le principe de la gratuité des plages n’est pas réellement respecté.

Dans plusieurs localités côtières, à l’instar de Boumerdès, Corso, Figuier, Zemmouri ou encore Seghirate, les espaces exploités par les concessionnaires dépassent largement les limites fixées par la réglementation. Au niveau des plages les plus prisées, les portions accessibles gratuitement au public se réduisent comme une peau de chagrin, contraignant parfois les familles à s’installer dans des espaces exigus sise parfois près des oueds ou des zones rocheuses. Pourtant, la réglementation est très claire. Le décret exécutif n°04-274 du 5 septembre 2004, complété en mai dernier, stipule que la superficie concédée ne peut excéder 30% de la plage. Les 70% restants doivent demeurer librement accessibles aux estivants, sans restriction ni paiement. Sur le terrain, la réalité est tout autre.

Et beaucoup de vacanciers s’interrogent sur les critères de délimitation des plages concédés par la commission de wilaya. Critiquée pour avoir mal géré ce dossier, la direction locale du Tourisme fonctionne, pour rappel, sans directeur depuis plus de trois mois. A Boumerdès, 20 lots situés sur les plages les plus fréquentées, ont été attribués à des concessionnaires pour des montants dépassant parfois deux millions de dinars pour la seule saison estivale. C’est notamment le cas au niveau des plages El Djawhara, Delphine et celles du Rocher Noir, où les espaces laissés à la disposition du public sont très limités. «Les meilleurs emplacements sont quasiment tous occupés par les concessionnaires. A la plage Delphine, plus de 80% du rivage sont occupéw par des privés. On nous parle de plages gratuites, alors qu’on assiste à une privatisation accélérée des plages», déplore un père de famille.

La loi ignorée

Un autre estivant s’indigne : «Même après 18h, on nous demande 2000 DA pour une table et quatre chaises. Beaucoup de familles n’ont pas les moyens de payer de tels tarifs à chaque sortie. Les plages sont un patrimoine public et chacun devrait pouvoir en profiter librement, sans avoir le sentiment d’être contraint de payer pour accéder aux meilleurs espaces.» Les mêmes requêtes reviennent également au niveau des plages de Seghirate, Rocher Pourri et encore à Zemmouri où 15 lots ont été concédés à des exploitants privés, dont la plupart sont des propriétaires de complexes touristiques. Pour certains estivants, des règles plus strictes auraient dû être imposées afin de garantir un meilleur équilibre entre les espaces concédés et les zones gratuites, conformément à l’esprit de la loi.

Cette année, 73 lots ont été proposés à la concession sur l’ensemble du littoral de la wilaya. Toutefois, seuls 43 ont finalement été attribués, les autres n’ayant pas trouvé preneurs. Les concessions sont accordées pour une durée de trois ans, renouvelable deux fois. Néanmoins, des voix s’élèvent pour réclamer une révision de la superficie des espaces concédés ainsi qu’un contrôle plus rigoureux du respect des cahiers des charges. L’objectif est de préserver le droit des citoyens à profiter gratuitement des plages, conformément aux orientations des hautes autorités du pays, qui ont insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de garantir la gratuité et l’accessibilité des plages à tous.
Ramdane Kebbabi

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