Été 2026 à Mostaganem : Le boom touristique se heurte au déficit d’hébergement

La wilaya de Mostaganem confirme son statut de destination balnéaire majeure avec 120 kilomètres de côtes et 57 plages attirant une affluence estivale croissante chaque année.
La capacité d'hébergement officielle reste limitée à environ 5900 lits, insuffisante face à la demande qui sature les hôtels dès le début de la saison.
La location saisonnière chez l'habitant absorbe une grande partie du flux mais demeure largement informelle, poussant les autorités à encourager la déclaration des logements.
Le développement durable du tourisme impose d'accélérer les investissements hôteliers dans les communes côtières tout en diversifiant vers l'écotourisme et la valorisation du patrimoine historique.
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Par Lakhdar Hagani
Ia wilaya de Mostaganem confirme, durant l’été 2026, son statut de destination balnéaire incontournable en Algérie. Son littoral, ses espaces naturels et son riche patrimoine historique attirent chaque année un nombre croissant de vacanciers. Toutefois, cette forte attractivité met en lumière une problématique persistante. L’insuffisance des capacités d’hébergement, qui conduit de nombreux estivants à privilégier la location de logements auprès de particuliers.
Avec plus de 120 kilomètres de côtes et 57 plages ouvertes à la baignade, réparties sur dix communes littorales, Mostaganem figure parmi les destinations estivales les plus fréquentées du pays. Sa proximité avec Oran, son accessibilité depuis Alger et les wilayas de l’intérieur, ainsi que la diversité de ses paysages, expliquent une affluence qui ne cesse de progresser. Les investissements engagés ces dernières années dans l’aménagement des plages, la modernisation des infrastructures, l’amélioration des voies d’accès et le renforcement des dispositifs de sécurité ont contribué à accroître l’attractivité de la wilaya. Durant les mois de juillet et d’août, les plages enregistrent ainsi une fréquentation particulièrement importante.
Mais derrière cette dynamique se cache un défi majeur. Le déficit d’hébergement touristique.
La capacité officielle d’accueil demeure limitée à environ 5900 lits, répartis entre hôtels, résidences touristiques, villages de vacances, auberges et autres établissements agréés.
Ce volume s’avère insuffisant face à une demande en constante augmentation. Dès le début de la saison estivale, de nombreux hôtels affichent complet et les réservations sont souvent effectuées plusieurs semaines à l’avance. Les tarifs pratiqués par certains établissements constituent également un frein pour une partie des familles. Face à cette situation, la location saisonnière de logements privés s’est imposée comme la principale solution de rechange.
A Mostaganem, Mazagran, Hassi Mamèche, Stidia, Ben Abdelmalek Ramdane, Sidi Lakhdar, Ouled Boughalem, Achaacha, Khadra et Fornaka, des centaines d’appartements, de villas et de maisons sont proposés aux vacanciers durant toute la période estivale. Plus souple et généralement plus abordable que l’hôtellerie classique, cette formule permet d’absorber une partie importante de la demande. Toutefois, une grande partie de cette activité reste informelle et échappe encore aux statistiques officielles ainsi qu’aux mécanismes de contrôle.
Dans ce contexte, la direction du tourisme et de l’artisanat de Mostaganem encourage les propriétaires proposant des locations saisonnières à déclarer leurs logements auprès des services compétents. Cette démarche vise à mieux recenser les capacités d’accueil disponibles, à disposer de données plus fiables sur les flux touristiques et à améliorer la planification du développement du secteur.
Les professionnels du tourisme estiment que l’essor continu de la fréquentation impose désormais une accélération des investissements dans les infrastructures d’hébergement. Si les principales capacités hôtelières restent concentrées dans le chef-lieu et la station balnéaire des Sablettes, plusieurs communes côtières très fréquentées demeurent insuffisamment équipées.
Au-delà du tourisme balnéaire, la wilaya poursuit également sa stratégie de diversification. Les forêts du massif du Dahra, les circuits de randonnée et les espaces naturels offrent des perspectives intéressantes pour le développement de l’écotourisme.
Le patrimoine historique constitue également un atout majeur, avec notamment la Grande Mosquée El Merini, Bordj El M’Hals, les anciens quartiers de Tigditt et de Tobbana, ainsi que les mausolées de Sidi Lakhdar Ben Khlouf et de Sidi Saïd.
Les autorités locales poursuivent les opérations de réhabilitation des sites historiques, d’aménagement du littoral et de valorisation des espaces forestiers afin de promouvoir un tourisme conciliant développement économique, préservation du patrimoine et protection de l’environnement.
Pour les acteurs du secteur, l’enjeu prioritaire demeure néanmoins le renforcement de l’offre d’hébergement. Ils plaident pour la réalisation de nouveaux hôtels, de résidences touristiques, de villages de vacances, de campings modernes et d’auberges de jeunesse, notamment dans les communes enregistrant les plus fortes affluences estivales.
Sans une augmentation significative des capacités d’accueil, le développement touristique de Mostaganem pourrait être limité par une offre d’hébergement devenue insuffisante au regard de la croissance de la demande.
La wilaya dispose pourtant de tous les atouts pour s’imposer durablement comme une destination touristique de référence à l’échelle nationale. Son avenir dépendra de sa capacité à accompagner cette dynamique par des investissements structurants et par une meilleure organisation de l’offre d’hébergement, qu’elle soit institutionnelle ou issue de la location saisonnière.
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