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Sahara occidental : ce que Attaf et son homologue chinois se sont dit
À la veille de l’examen par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution sur le Sahara occidental, le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf s’est entretenu par téléphone avec son homologue chinois Wang Yi; l’Algérie est membre élu du Conseil et la Chine un membre permanent avec droit de veto. Ils ont passé en revue les dimensions du partenariat stratégique global et les perspectives de renforcement des liens bilatéraux, notamment économiques, tout en abordant les points de l’ordre du jour du Conseil, en particulier la décolonisation du Sahara occidental, Attaf évoquant aussi ces sujets avec le Pakistan et la Russie. Wang Yi a réaffirmé que la Chine et l’Algérie entretiennent une amitié fidèle et un partenariat fondé sur la coopération, soulignant que la solution politique fondée sur le dialogue et les résolutions du Conseil est l’issue à privilégier et appelant à des échanges accrus pour une solution mutuellement acceptable fondée sur la justice et l’équité.

GenZ 212 : le Maroc étouffe le mouvement au prix d’une terrible répression
La contestation GenZ 212 au Maroc, qui réclamait des réformes et plus de liberté, a été durement réprimée par Rabat à partir de fin septembre, avec la mort de trois manifestants et des centaines d’arrestations. Selon Hassan Farhan, plus de 2.400 manifestants sont poursuivis et environ 1.400 sont en détention, au total 2.480 personnes poursuivies pour les manifestations, avec des chefs d’accusation allant de la rébellion en réunion à l’incitation à des crimes ou à la participation à des rassemblements armés. Fin octobre, 411 personnes, dont 76 mineurs, avaient été condamnées à des peines allant jusqu’à 15 ans (dont 61 prévenus ont reçu des peines de 1 à 15 ans); l’AMDH a dénoncé la rédaction de procès-verbaux sous la contrainte, et les autorités évoquent une répression similaire à celle du Hirak du Rif (2016-2017) où plus de 4.600 interpellations avaient donné lieu à 418 condamnations.

Sahara occidental : France-Emirats-Israël, « trio morbide » au secours du Maroc
Le Conseil de sécurité de l’ONU va examiner une résolution sur la prorogation du mandat de la Minurso au Sahara occidental, les États-Unis jouant le rôle de “pen holder”; Washington avait reconnu en 2020 la souveraineté marocaine dans le cadre des accords avec Israël, mais ne peut imposer sa vision sans l’accord des autres puissances.
Un trio composé de la France, des Émirats arabes unis et d’Israël multiplie les pressions en faveur des thèses marocaines, visant à faire adopter une solution qui entérinerait le plan d’autonomie de Rabat et remettrait en cause le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, dénoncé comme une violation du droit international par Alger.
Cette coalition est présentée comme alliée du Maroc et hostile à l’Algérie: Paris a soutenu le plan d’autonomie et poursuit ses efforts diplomatiques, Abu Dhabi a ouvert un consulat à Laayoune et Israël cherche à rallier des pays africains, dans un contexte de critiques sur une “opération d’influence” coordonnée au Conseil de sécurité.

Résolution américaine sur le Sahara occidental : une bataille diplomatique à haut risque
Prévu le 30 octobre, le vote du Conseil de sécurité sur une résolution américaine concernant le Sahara occidental est incertain: Washington doit obtenir au moins neuf voix sur quinze, mais les fractures du Conseil et la menace de veto russe compliquent l’adoption.
Le texte privilégierait le plan d’autonomie marocain comme seule base de négociation, écartant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et risquant de violer le droit international et les résolutions du Conseil, selon les critiques du Polisario.
Le Polisario a dénoncé une dérive grave et appelle à des négociations directes sous l’égide de l’ONU; l’issue du vote pourrait mettre en jeu la crédibilité de l’ONU et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La face cachée des tomates marocaines : les dessous d’une culture sous pesticides
- UFC-Que Choisir avertit que les tomates en provenance d’Espagne et du Maroc présentent des résidus de pesticides, incluant des perturbateurs endocriniens et des cancérogènes suspects; selon des tests 2019-2022, plus de la moitié des tomates marocaines et 80 % des espagnoles contenaient des résidus, contre 15 % des françaises (en moyenne) et près de 40 % des importées contre 6 % des tomates françaises conventionnelles.
- La production marocaine est fortement concentrée dans le Souss-Massa et s’est structurée autour d’une monoculture qui favoriserait les ravageurs et l’usage intensif de pesticides; certains investisseurs se sont même installés au Sahara occidental (Dakhla) pour produire hors saison, avec serres et irrigation, mais des nuisibles comme la mouche blanche et Tuta absoluta apparaissent.
- Malgré des efforts comme la lutte raisonnée, les pièges à phéromones, les pièges glu et la libération d’insectes auxiliaires, les résidus persistent; UFC-Que Choisir souligne les risques pour la santé et rappelle que le label Agriculture Biologique reste un repère en matière d’écologie et de résidus.

Après l’Algérie et le Maroc : le français en danger en Tunisie ?
Le Maghreb poursuit son basculement du français vers l’anglais : après le Maroc et l’Algérie, la Tunisie voit naître une proposition visant à remplacer le français par l’anglais comme deuxième langue. En Tunisie, l’arabe est officiel mais le français demeure présent dans l’éducation, les médias et l’administration; le député Nizar Seddik a déposé un projet de loi pour substituer l’anglais au français. Parallèlement, l’Algérie a introduit l’anglais dès le primaire et comme langue d’enseignement des sciences médicales à partir de 2025-2026, tandis que le Maroc a généralisé l’enseignement de l’anglais au collège en 2023.

Sahara occidental : la France et les Émirats intensifient leur lobbying en faveur du Maroc à l’ONU
- À l’approche d’une réunion du Conseil de sécurité fin octobre sur le mandat de la MINURSO, la France et les Émirats arabes unis intensifient leur lobbying en faveur du Maroc et cherchent à faire adopter une résolution saluant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
- Le Polisario a répliqué par une « proposition élargie » au Secrétaire général de l’ONU, visant une solution fondée sur le référendum et détaillant trois options internationales — indépendance, intégration ou pacte d’association libre — dont cette dernière pourrait ressembler au plan d’autonomie marocain de 2007.
- Le Front Polisario affirme que le référendum doit être organisé et prêt depuis 2000, après le recensement des électeurs effectué par l’ONU, dans un contexte où la France a reconnu la marocanité du Sahara occidental en juillet 2024 et où les positions occidentales alimentent les tensions avec l’Algérie.

Comment l’Algérie a permis le retour de la Chine à l’ONU en 1971
En 1971, l’ONU a adopté la résolution 2758, rétablissant le siège de la République populaire de Chine et mettant fin à la présence de Taïwan. Selon CGTN, l’Algérie, sous Boumediene et l’ambassadeur Noureddine Djoudi, a mené une diplomatie discrète pour rallier les pays en développement et affaiblir l’opposition des États‑Unis. Depuis, la Chine populaire est reconnue comme le seul représentant du peuple chinois à l’ONU et détient le siège permanent au Conseil de sécurité.

Sahara occidental : le Conseil de sécurité « n’est pas une agence foncière »
Steve Witkoff, conseiller de Donald Trump pour le Moyen-Orient, a déclaré à CBS qu’un accord de paix entre l’Algérie et le Maroc serait conclu dans les 60 jours, mais cela n’a pas de lien direct avec la question du Sahara et les médias marocains y voient une règlement rapide sous pression américaine. Un ancien diplomate algérien rappelle que la relation Algérie–Maroc et le dossier sahraoui sont deux questions distinctes: Alger a rompu ses liens en août 2021 pour des raisons hors Sahara, notamment des actes hostiles et le soutien au MAK, et la fermeture des frontières en 1994 n’était pas liée au Sahara. Enfin, il juge improbable que Moscou rejoigne Paris et Washington sur le Sahara et rappelle que le Conseil de sécurité examinera la prorogation de MINURSO, avec Attaf ayant échangé avec Lavrov alors que la Russie assure la présidence tournante du CS.

Sahara occidental : le Polisario soumet une « proposition élargie » à l’ONU
Le Front Polisario a présenté lundi une « proposition élargie » pour une solution mutuellement acceptable au conflit du Sahara occidental, transmise au secrétaire général de l’ONU par le président Brahim Ghali peu avant l’examen par le Conseil de sécurité du mandat de la MINURSO pour un référendum. Le document, dont le contenu n’a pas été dévoilé, repose sur l’autodétermination du peuple sahraoui et le rétablissement de la paix et de la stabilité régionales, et le Polisario se dit prêt à partager les coûts de la paix avec le Maroc si ce dernier démontre une volonté politique. Ghali a de nouveau appelé à des négociations directes et sérieuses sous les auspices des Nations Unies, sans conditions préalables, sur la base de l’esprit et du contenu de cette proposition élargie.

Maroc : les manifestations reprennent, la CAN 2025 dans le viseur
Les manifestations du mouvement GenZ 212 ont repris samedi 18 octobre dans plusieurs villes du Maroc (Rabat, Casablanca, Tanger), après une pause d’une semaine; le mouvement compte environ 200 000 membres sur les réseaux sociaux et appelle à des rassemblements dans une douzaine de villes.
Ils réclament la libération de leurs camarades arrêtés depuis le 27 septembre et ont lancé un appel au boycott de la CAN 2025, tout en faisant face à des interpellations massives, à la mort de trois jeunes tués par les gendarmes le 1er octobre et à plus de 600 détenus, dont des mineurs; certains manifestants ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu’à cinq ans.
Le mouvement, parti initialement sur des revendications sanitaires et éducatives et contre le gaspillage des dépenses liées à la CAN et au Mondial 2030, s’est étendu à des demandes politiques (anti-corruption, plus de libertés, démission du gouvernement); les protestataires dénoncent également le dédain perçu du roi Mohammed VI lors de son discours du 10 octobre et maintiennent le boycott comme objectif.

Gaza : l’armée israélienne reprend les frappes malgré le cessez-le-feu
Dix jours après le cessez-le-feu, l’armée israélienne a repris les bombardements sur Gaza, notamment à Nuseirat et Az-Zawayda, faisant 15 morts selon Al Jazeera citant des sources hospitalières palestiniennes. Israël accuse le Hamas d’avoir violé le cessez-le-feu en attaquant Rafah, accusation que le Hamas et les brigades Ezzedine al-Qassam démentent et selon laquelle l’accord reste en vigueur. Sur le volet otages, le Hamas a remis 20 otages vivants et 13 dépouilles; Israël exige la libération de 2 000 prisonniers et conditionne la réouverture de Rafah à la remise des corps, le Hamas affirmant ne pas pouvoir rechercher les corps sans l’ouverture du passage.

Washington Post révèle le double jeu de six pays arabes avec Israël
Le Washington Post révèle que six pays arabes — Bahreïn, Égypte, Jordanie, Qatar, Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis — renforcent leur coopération militaire avec Israël pendant le génocide à Gaza, selon cinq documents fuités relayés par l’ICIJ; le Koweït et Oman sont cités comme partenaires potentiels.
Le récit décrit un « dispositif de sécurité régional » coordonné par le CENTCOM et basé au Qatar, prévoyant l’échange de données radar, l’accès à une messagerie sécurisée et des entraînements conjoints pour une défense aérienne contre les missiles et drones iraniens, ainsi que la surveillance des menaces à Gaza et au Yémen; des réunions de planification impliquant des responsables israéliens et arabes ont eu lieu ces trois dernières années sous égide américaine.
L’article indique que la coopération a été mise à rude épreuve par l’attaque israélienne contre des dirigeants du Hamas sur le sol qatari le 9 septembre, mais que l’alliance perdure, et le Maroc aurait aussi renforcé ses liens militaires avec Israël pendant le conflit, multipliant achats et visites.

Cessez-le-feu à Gaza : l’Algérie réagit
L’Algérie a réagi officiellement à l’annonce d’un accord entre Israël et le Hamas pour mettre fin à la guerre à Gaza, en déclarant dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères qu’elle « prend note » de la mise en œuvre de la première phase du plan de paix du président Donald Trump comme premier pas vers la fin de l’agression israélienne.
Elle salue le cessez-le-feu immédiat et l’entrée urgente d’aide humanitaire et de secours dans la bande de Gaza, deux exigences que l’Algérie et la communauté internationale réclament pour alléger les souffrances du peuple palestinien.
L’Algérie espère que cette démarche ouvrira la voie à une solution pacifique permanente et définie garantissant au peuple palestinien tous ses droits, dont l’établissement d’un État indépendant selon les frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale; de son côté, Trump a annoncé que Israël et le Hamas avaient conclu un cessez-le-feu comme première étape du plan, prévoyant notamment le cessez-le-feu, l’entrée de l’aide humanitaire et la libération des otages et de 2 000 détenus palestiniens.

Crise politique en France : Bruno Retailleau, grand perdant ?
Dimanche soir, au moment où le nouveau gouvernement était partiellement dévoilé, Bruno Retailleau publie un tweet dénonçant “la rupture promise” et convoque le comité stratégique des Républicains, ce qui précipite la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu le lendemain. Cet épisode est perçu comme une manœuvre de Retailleau pour sécuriser une position en vue de la présidentielle de 2027, mais il suscite des mécontentements au sein de son camp (notamment de Laurent Wauquiez) et est accusé d’avoir détruit un accord avec l’Algérie et d’avoir aggravé les tensions bilatérales, avec, en prime, l’arrestation d’un agent consulaire algérien sous sa tutelle. Les observateurs évoquent deux scénarios possibles (dissolution de l’Assemblée ou nomination d’un Premier ministre de gauche) et soulignent que cette crise marque, selon eux, le premier revers sérieux de l’ascension rapide de Retailleau, dont Tebboune avait déjà dénoncé les risques.

Tony Blair, Naguib Sawiris… : ce que Trump réserve à Gaza
Le plan de paix de Trump pour Gaza prévoit la création d'une Autorité internationale de transition pour Gaza (GITA), qui gouvernerait le territoire pendant 3 à 5 ans, marginalisant les institutions palestiniennes et sans échéance électorale pendant cette période. Selon Georges Malbrunot, cette autorité serait dirigée par un conseil d’administration international de 7 à 10 membres, dont Tony Blair à la tête, avec un siège provisoire à El Arish ou au Qatar, et prendrait les décisions en matière de politique, de sécurité et d’économie. Le plan prévoit aussi des directeurs palestiniens « neutres » pour la santé, l’éducation et les municipalités sous supervision du conseil international, la création d’un fonds international d’investissement, une force de sécurité multinationale et un transfert progressif du pouvoir après cinq ans, les autorités palestiniennes n’ayant aucun droit d’annuler les décisions pendant la transition.

Maroc : Mohammed VI face à la crise la plus grave de son règne
Des milliers de Marocains manifestent à Rabat et dans tout le royaume contre la normalisation avec Israël et les conséquences sociales, la marche du 5 octobre illustrant ce ras-le-bol et les appels en soutien à Gaza. Le roi Mohammed VI est resté silencieux, laissant le gouvernement tenter de réprimer et de calmer les protestataires, selon ses habitudes de crise publiques limitées. Le mouvement GenZ 212, né fin septembre, est qualifié par les observateurs comme la plus grave crise du règne de 26 ans: il s’étend à l’échelle nationale, avec des revendications élargies à la liberté, la justice et la démocratie, et se distingue par son caractère horizontal et anonyme par rapport aux soulèvements passés comme le Rif ou Gdaï Izik.

Le gouvernement Lecornu tombe : la France s’enfonce dans la crise
Moins de 24 heures après l’annonce du nouveau gouvernement, le premier ministre Sébastien Lecornu a présenté sa démission au président Emmanuel Macron, qui l’a acceptée, plongeant la France dans une crise politique inédite. La composition du cabinet, notamment la nomination de Bruno Le Maire aux Armées, a provoqué des critiques de Bruno Retailleau et des réactions virulentes de Jordan Bardella, tandis que le PS évoque une éventuelle censure. Cet épisode porte à trois le nombre de Premiers ministres en un peu plus d’un an, après Michel Barnier et François Bayrou, dans un contexte de blocage parlementaire et de dette élevée.

Manifestations au Maroc : la colère gagne la diaspora marocaine en Europe
Le collectif GenZ 212, qui organise des manifestations au Maroc contre la précarité des secteurs de l’éducation et de la santé, a déclenché une vague de solidarité dans la diaspora européenne avec des rassemblements à Paris et Marseille et une action à Bruxelles. Six jours après le début des protestations, alors que des heurts ont été signalés au Maroc faisant au moins trois morts près d’Agadir, les organisateurs réclament désormais la démission du gouvernement, et les pancartes en Europe affichent des slogans tels que « Corruption stop » et « anti CAN ».

Maroc : la CAN 2025 en danger, Mohamed VI ignore la contestation
La contestation menée par GenZ 212 se prolonge sur huit jours et cible à la fois la Coupe d’Afrique des nations 2025 et, à terme, la Coupe du monde 2030 organisée par le Maroc, dénonçant des services publics dégradés et des inégalités croissantes, alors que le roi Mohamed VI demeure largement silencieux.
À coups de près de 1,5 milliard d’euros dépensés dans les stades et les rénovations, le royaume n’a pas renoncé à ses deux grands tournois, mais la CAN-2025 pourrait être remise en cause si la contestation persiste, même si ni les autorités ni la CAF n’évoquent pour l’instant son annulation.
Deux scénarios se dessinent: répression accrue ou dialogue avec les revendications—mais le roi semble peu enclin à dialoguer; ce silence rappelle d’autres crises, comme après le séisme du Haut Atlas en 2023.