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L’Algérie va rétablir « bientôt » la peine de mort
- Selon le président de la Cour de Béjaïa, Mustapha Smati, l’Algérie va “bientôt” rétablir la peine de mort pour des crimes extrêmement dangereux (dont le kidnapping d’enfants et le trafic de stupéfiants dans les écoles), et le président Tebboune s’est engagé à ce rétablissement lors de l’ouverture de l’année judiciaire 2025-2026 le 12 octobre 2025.
- Aucune exécution n’a eu lieu en Algérie depuis 1993, même si des condamnations à mort existent, le gouvernement ayant toutefois durci la lutte contre le trafic de drogues et de substances psychotropes.
- La loi entrée en vigueur en juillet prévoit la réclusion criminelle à perpétuité pour les infractions près des établissements de santé, sociaux ou publics, et la peine de mort pour les crimes commis dans ou près des établissements d’éducation.

L’Algérie tacle le Maroc sur le « chantage migratoire » contre l’Europe
À Alger, lors d’une réunion bilatérale avec le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande‑Marlaska, le ministre algérien Saïd Sayoud a défendu la politique de lutte contre l’émigration clandestine et taclé, sans le nommer, le Maroc pour son « chantage migratoire » envers l’Europe. Il a indiqué que l’Algérie a empêché 100 000 migrants d’atteindre l’Afrique du Nord et l’Europe et facilité le retour volontaire de 82 000 migrants dans leurs pays depuis 2024, tout en affirmant que l’Algérie agit de manière humaine et responsable. Par ailleurs, l’Algérie et l’Espagne ont conclu des accords: création de pôles spécialisés contre le crime transnational et mise en place d’un dispositif d’échange et de comparaison des empreintes et données biométriques des personnes décédées lors des traversées en Méditerranée.

Tebboune nomme un nouveau conseiller politique
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé Mustapha Saïdj au poste de conseiller chargé des affaires politiques et des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques, selon un décret publié le 19 octobre au Journal officiel. Saïdj remplace Zoheir Bouamama, nommé ministre de la Communication dans le gouvernement de Sifi Ghrieb le 14 septembre dernier. Il est politologue et spécialiste des relations internationales.

L’Algérie renforce les moyens d’investigation de la DGSI
Un décret présidentiel publié le 19 octobre au Journal officiel renforce le service d’investigation judiciaire (SIJ) de la DGSI en le plaçant au rang de « service central », avec des services régionaux et des brigades mobiles, et signé par le président Abdelmadjid Tebboune.
Le texte modifie le décret de 2019 et renomme le SIJ en « service central de police judiciaire de la DGSI du MDN », en définissant sa mission: rechercher et constater les infractions relevant de sa compétence, rassembler les preuves et rechercher les auteurs, et mener des enquêtes préliminaires sur dénonciations et plaintes jusqu’à l’ouverture d’une information judiciaire, avec des moyens d’investigation de police scientifique et technique.
Le décret prévoit la mise en place de services régionaux, d’un service territorial et de brigades mobiles de police judiciaire.

Tebboune valide l’emplacement de trois stations de dessalement pour 9 millions d’habitants
Le président Tebboune a présidé un Conseil des ministres qui a validé l’emplacement de trois stations de dessalement (300 000 m3/j chacune) à Chlef, Mostaganem et Tlemcen, les emplacements des deux autres usines restant à déterminer. Il a en outre ordonné un plan anti-sécheresse fondé sur des études scientifiques précises des consommations et des spécificités régionales, et demandé la réparation immédiate des fuites pour réduire les pertes d’eau. Le Conseil a aussi adopté le projet de loi organique sur le statut de la magistrature, renforçant les avantages sociaux et prévoyant une période de stage; il rappelle par ailleurs que cinq stations de dessalement mises en service en 2025 peuvent alimenter jusqu’à 15 millions d’habitants (El Tarf, Bejaia, Boumerdes, Tipaza et Oran).

Changement à la tête de plusieurs ambassades et consulats d’Algérie
Le président Abdelmadjid Tebboune a nommé de nouveaux ambassadeurs à Ankara (Boumédiène Guennad), Conakry (Abdelatif Guia), Moscou (Toufik Djouama), Bratislava (Habiba Derradji), Astana (Athmane Mehadji), Damas (Abdelkader Kacimi El Hassani) et Sofia (Asma Babouche), les accréditations entrant en vigueur entre juillet et août 2025, Asma Babouche ayant présenté ses lettres de créance à Sofia dans un kaftan algérien. Il a aussi mis fin au mandat de l’ambassadeur à Nairobi, Boumediene Mahi, remplacé par Farid Ouahid Dahmane à compter du 14 août 2025, et nommé des responsables consulaires à Barcelone (Samia Ait Bouali), Agadez (Abderrahmane Alleg) et Nouadhibou (Rachid Haffaf).

Rapport sur l’accord franco-algérien de 1968 à la veille du 17 octobre : « une honte »
- Un rapport rédigé par deux députés macronistes, Charles Rodwell et Mathieu Lefèvre, remet en cause l’accord franco-algérien de 1968, le présentant comme une source d’inégalité et de coût financier pour les finances publiques; sa publication, à la veille du 17 octobre 1961, a suscité une vive controverse en France.
- Le sénateur communiste Ian Brossat dénonce ce texte comme « nauséabond », l’accusant de rouvrir les plaies coloniales et de flatter les réflexes populistes contre les Algériens, tout en rappelant que l’accord facilitait l’installation de travailleurs algériens et de leurs familles via des titres de séjour de dix ans.
- Il avertit que démanteler unilatéralement l’accord constituerait une faute politique, morale et diplomatique, et remet en cause le calcul évoquant un coût d’environ deux milliards d’euros, qui, selon lui, occulte les bénéfices sociaux et économiques de cet accord.

Crise France – Algérie : premier test pour Laurent Nunez sur les visas
En France, l’extrême droite poursuit ses attaques contre les étudiants algériens sur fond de questions de visas, et le nouveau ministre de l’Intérieur Laurent Nunez doit s’exprimer sur la polémique après une question d’un député.
Depuis l’annonce fin septembre d’une hausse du nombre de visas étudiants algériens pour 2025, les critiques se multiplient et certains appellent à fermer le robinet des visas pour tous les ressortissants algériens.
Le député RN Michel Guiniot l’interroge sur les mesures de fermeté envisagées pour écarter ceux qui ne remplissent plus les critères, et Nunez devra choisir entre suivre la ligne du Quai d’Orsay ou adopter la posture plus dure du prédécesseur Bruno Retailleau, dans une crise déjà tendue par la décision de Macron sur le Sahara occidental.
Tebboune évoque la « plus difficile des guerres » contre l’Algérie
Le président Abdelmadjid Tebboune s’est rendu au siège du ministère de la Défense nationale à Alger et a prononcé une allocution diffusée en visioconférence à l’ANP, saluant l’armée comme une « véritable école supérieure de patriotisme » et affirmant que la plus difficile des guerres dirigées contre l’Algérie est celle qui vise sa jeunesse via la drogue. Il a souligné que l’ANP s’est adaptée aux menaces hybrides, cybernétiques et à l’intelligence artificielle, et a attribué à la vigilance des services la prévention d’une catastrophe et l’amélioration de l’attractivité étrangère grâce à la sécurité. Avant cela, le général d’armée Saïd Chanegriha a exprimé sa gratitude et évoqué des choix stratégiques visant un modèle de leadership fondé sur une économie émergente, une armée forte et une cohésion interne, tandis que Tebboune signait le Livre d’Or du MDN.

Loi de finances 2026 : les trois instructions de Tebboune
Tebboune a présidé une réunion du Conseil des ministres sur l’avant-projet de loi de finances pour 2026, appelant à une « politique financière claire » pour assurer la continuité du flux des investissements et leur exécution. Il a demandé au premier ministre et au gouvernement de sauvegarder les grands équilibres financiers et de maintenir les transferts sociaux, y compris les subventions des produits de large consommation. Enfin, il a insisté sur la lutte contre la fraude: pas de nouveaux impôts en 2026, mais la mise en place d’une nouvelle assiette fiscale non contraignante mais plus efficace pour lutter contre la fraude et les comportements négatifs.

France : les étudiants algériens, nouvelle cible de l’extrême-droite
Face à une hausse d’environ 1.000 visas étudiants algériens par rapport à 2024 (8.400 au total), l’extrême droite française en fait une question centrale, alors que les visas algériens dans toutes les catégories ont globalement chuté d’environ 30% et que la France accueille près de 444.000 étudiants étrangers. Bruno Retailleau et d’autres voix mènent la charge, et un sondage commandé par CNews, Europe 1 et le JDD révèle que 76% des Français souhaitent suspendre les visas pour les Algériens, avec 86% des électeurs RN, 71% des socialistes et 72% des écologistes d’accord, contre 46% chez les sympathisants LFI. L’article dénonce une obsession de l’extrême droite pour l’Algérie, utilisant ce dossier comme prétexte et prédisant une intensification des attaques avant l’élection présidentielle de 2027.

Elizabeth Aubin, l’Américaine qui éclipse les diplomates étrangers en Algérie
Elizabeth Moore Aubin, ambassadrice des États‑Unis en Algérie depuis 2022, s’est imposée comme la diplomate la plus visible grâce à une approche de proximité: visites de terrain, communication omniprésente sur les réseaux et adaptation aux codes culturels locaux. Sa stratégie vise à renforcer la coopération sécuritaire, économique et éducative, avec un accord de défense et de sécurité signé après des visites du commandant de l’Africom, et à promouvoir l’investissement américain — plus de 100 entreprises et près de 29% des IDE en Algérie — dans l’énergie, l’agriculture, les technologies et les renouvelables. Elle parcourt les wilayas pour valoriser le patrimoine et l’entrepreneuriat, tout en restant mesurée sur des questions sensibles comme le Sahara occidental et Gaza.

Algérie : première question écrite au gouvernement en tamazight
Un député indépendant de Béjaïa, Mohamed Hani, a adressé au gouvernement une question écrite rédigée exclusivement en tamazight au ministre de l’Environnement, Kaoutar Kirikou, sur les insuffisances de la collecte des déchets ménagers dans la wilaya (notamment à Boulimat). Cette initiative, première du genre, marque une étape historique dans l’institutionnalisation du tamazight, désormais langue nationale et officielle, soutenue par une académie et protégée constitutionnellement (article 222). Si l’administration n’utilise pas encore le tamazight, ce geste pourrait accélérer son usage effectif à tous les niveaux de l’État.

Appels à manifester en Algérie : qui est derrière ?
Des appels anonymes invitant les Algériens à sortir dans la rue le 3 octobre circulent sur les réseaux sociaux, alimentant des interrogations sur qui les orchestre et quel est le dessein recherché. L’analyse de l’agence officielle APS évoque une main marocaine et des relais médiatiques qui relayent les appels, les présentant comme une tentative de distraction et d’exporter un mouvement de contestation vers l’Algérie (GenZ 213, proche de GenZ 212 au Maroc). Malgré les similitudes de nom et de timing avec le mouvement marocain, les observateurs estiment que les deux contextes diffèrent et que, face à ces appels anonymes, l’Algérie reste méfiante et vulnérable au risque de manipulation, rendant ce procédé mal choisi et potentiellement risqué.

Inondations en Algérie : à M’sila, Saïd Sayoud casse les codes
Le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, s’est rendu à Sidi Aïssa (M’sila) après les inondations meurtrières qui ont frappé M’sila et Djelfa, faisant au moins cinq morts. Lors de sa visite sur le terrain, il a arpenté à pied les zones dévastées et franchi des flaques et gravats, des gestes qui ont suscité des réactions d’admiration sur les réseaux sociaux. Il a transmis les condoléances au nom du président Tebboune et promis d’examiner les causes du sinistre tout en proposant des solutions définitives au problème des inondations.